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Vivre et travailler dans les Alpes grâce à Internet

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Introduction

Les régions de montagne constituent les deux tiers de la surface de la Suisse. La plupart d’entre elles se dépeuplent car il est difficile d’y trouver du travail. La révolution numérique pourrait-elle changer les choses? Nous avons rendu visite à des personnes pour qui les infrastructures modernes permettent de vivre et de travailler dans les montagnes.

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Ferien bei meinem Onkel auf der Alp in den 1980er-Jahren
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Ma famille vient des montagnes, mais j’ai grandi au centre de Zurich, près de l’Opéra. Cela peut sembler prestigieux. Dans les années 80 pourtant, la vie dans cette ville n’était pas particulièrement séduisante. Les familles évitaient les parcs et les places de jeux, de peur que les enfants ne marchent sur une seringue infectée par le VIH.








Ferien bei meinem Onkel auf der Alp in den 1980er-Jahren
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Tous les matins avant de quitter la maison, ma mère allait ramasser sur l’escalier extérieur de la maison les préservatifs usagés abandonnés par les prostituées et les ustensiles d’injection, des seringues aux cuillères. La scène ouverte de la drogue faisait la Une de la presse internationale et provoquait un exode urbain: ceux qui le pouvaient partaient vivre à la campagne.
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L'auteure de l'article dans les Alpes, 1985.
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Les vacances que nous passions en montagne constituaient un contraste frappant avec cette vie-là. Par exemple dans ce chalet des Préalpes fribourgeoises où mon oncle travaillait comme berger en 1985.  
Nous avons campé sous les étoiles, cuit notre pain au bâton sur le feu et mangé sur l’alpage le fromage produit par des parents.

Nous allions nous promener dans la nature sauvage, nous nous baignions dans des fontaines glacées ou des lacs de montagnes limpides et nous jouions à cache-cache entre les murs écroulés de maisons en pierre d’un hameau en ruine où il n’y avait pas de voitures. En bref: la montagne était pour moi synonyme de vie bucolique, de nature, de communauté et de liberté.

Je n’ignorais cependant pas les désavantages de la vie à la montagne. À Zurich, le gymnase où j’étudiais se trouvait presque à côté de chez moi alors que mes cousins et cousines du val Poschiavo et du Tessin ont été obligés de quitter la maison très tôt et de faire leur formation ou leurs études dans une langue étrangère. Peu sont revenus plus tard.

L'auteure de l'article dans les Alpes, 1985.
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Aujourd’hui, les villes suisses sont bien plus vivables et attrayantes pour les familles. La drogue n’y est plus apparente, elle offre des espaces verts propres et des lieux de rencontre branchés; la qualité de vie est bonne, la criminalité faible. Mais quand le brouillard s’installe pour le semestre d’hiver et transforme le Plateau en un paysage oppressant, quand le bulletin météo me dit que le soleil règne dans les Alpes, quand la cohue dans les trams et dans les bus commence à me taper sur les nerfs et que je ne supporte plus le bruit de la circulation, alors je commence à me demander pourquoi je ne vis pas dans la plus belle région de Suisse: les Alpes.

Comme de nombreux Suisses et de nombreuses Suissesses, je rêve en secret de vivre dans les montagnes. Mais y trouver un emploi adéquat n’est pas facile. Les régions de montagne vivent essentiellement de l’agriculture, du tourisme et de l’énergie hydraulique – ce ne sont pas mes domaines de compétences.

Cependant, la numérisation transforme le monde du travail. Internet, Skype & co permettent désormais de travailler où l’on veut sur la planète. Nous avons rendu visite à des femmes et à des hommes qui, aujourd’hui déjà, témoignent qu’il est possible de vivre et de travailler dans les régions alpines grâce à la numérisation et aux infrastructures modernes.




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Portraits

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Sauvés par le co-working?

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Les régions de montagne placent de grands espoirs dans la numérisation. Elles cherchent à tirer profit des nouvelles technologies en développant la fibre optique et à l’aide de plateformes digitales et d’applications pour les touristes. Les villages et régions de montagne ouvrent en outre des espaces de travail partagés, ou coworking, et espèrent ainsi attirer également une clientèle venant du Plateau. C’est ce que fait en particulier l’initiative locale Mia Engiadina.

Le co-working est-il la solution pour sauver les régions de montagne? Je veux moi-même faire cette expérience et, avec notre journaliste vidéo, nous décidons de tester l’espace de coworking de Mia Engiadina à Scuol.

Je trouve un forfait sur la page internet de Mia Engiadina: une nuitée, l’accès à l’espace de travail partagé et un en-cas de spécialités locales à partir de 60 francs. Cela semble prometteur. Je clique sur cette offre et reçois immédiatement une réponse bien tournée par courriel. On me dit que ma demande sera examinée.

Je reçois un deuxième mail quelques jours plus tard: «Nous avons cherché un hébergement adéquat. Mais les dates mentionnées tombent dans l’intersaison et c’est difficile. L’hôtel Gabriel de Scuol serait une possibilité. Ses prix sont cependant supérieurs à ceux mentionnés dans votre demande.»

En clair: il nous faudrait payer 140 francs par nuit. Cela dépasse les défraiements prévus par swissinfo.ch pour les déplacements.

L’aimable collaborateur de Mia Engiadina nous conseille: «Le plus simple pour cette période est de chercher un appartement de vacances sur Airbnb» et il nous adresse ses «Cordials salüds da Scuol» (soit «Salutations cordiales de Scuol» en romanche, la quatrième langue de Suisse).
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Finalement, nous réservons nous-même un hôtel pour 80 francs et prenons le petit train rouge des Chemins de fer réthiques pour grimper dans la montagne. L’accès à l’espace de coworking coûte 20 francs par jour et par personne. Café et boissons sont compris dans le prix. Nous entrons. Les locaux sentent bon le bois et sont aménagés de manière élégante: des meubles en pin des Alpes, décorés avec des coussins à carreaux rouges, des fourrures et des bougies. Manifestement, il faut immédiatement qu’on reconnaisse qu’on est en Engadine. Il y a aussi une salle de réunion, une cabine téléphonique et un fauteuil à bascule.



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Le calme est impressionnant et l’atmosphère me rappelle mes années d’études, lorsque j’allais apprendre à la bibliothèque.

Aux tables, plusieurs personnes travaillent et deux réunions doivent se dérouler dans la matinée. Nous avons l’impression que Mia Engiadina a convoqué ce jour-là tout son personnel dans l’espace partagé afin que nous n’ayons pas l’impression que le «Mountain Co-Working» n’est pas apprécié.

Quelques hommes en âge de retraite sont là avec leurs laptops et sont certainement des véritables clients. L’un d’eux téléphone, j’écoute. Il dit qu’il est maintenant en vacances pour deux semaines et confie les affaires courantes à ses collaborateurs.
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Pour des raisons de place, l’espace déménagera bientôt dans des nouveaux locaux. «Nous avons été positivement surpris par l’intérêt», dit Chasper Cadonau, qui est responsable des espaces de cotravail chez Mia Engiadina. Les groupes cibles de Mountain Co-Working sont les touristes, les propriétaires de résidences secondaires et les entreprises qui envoient des groupes entiers de collaborateurs travailler dans la région sur des projets particuliers. «Pour ceux-ci, nous proposons des forfaits qui incluent des excursions, des dégustations et d’autres offres du même type.»



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L’architecte Chasper Cadonau est lui-même revenu et raconte son histoire.

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Bilan de notre expérience: le Mountain Co-Working est vraiment quelque chose de particulier. Notre journaliste vidéo et moi avons été productifs. Et, si c’était possible, nous travaillerions volontiers en permanence dans ces conditions, dans ce calme et avec cette vue sur les montagnes.

Mais nous ne reviendrons pas de sitôt. Notre travail et nos familles sont dans «le pays d’en bas», comme disent ici les montagnards. Nous ne pouvons pas disparaître purement et simplement de la rédaction pour quelques semaines. C’est également vrai pour la majorité des Suissesses et des Suisses.

C’est pourquoi le Mountain Co-Working ne pourra vraiment revitaliser les régions de montagne que si le monde suisse du travail se transforme en profondeur. Il faudrait pour cela que les formes de travail mobile ou indépendantes du lieu ne constituent plus l’exception mais la règle.






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Conclusion

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La vie dans les montagnes suisses présente de nombreux avantages: la nature sauvage, la haute qualité de vie, des loisirs attrayants et un coût de la vie plus bas.  

Pourtant, la plupart des Suissesses et des Suisses se pressent dans les agglomérations du Plateau et, alors que le pays a connu un exode urbain jusque dans les années 90, on parle aujourd’hui d’exode rural  et de dépeuplement des montagnes.

L’attraction des villes s’explique largement par les emplois qu’elles offrent. Mais la numérisation permet désormais de travailler indépendamment du lieu. La Suisse présente pour cela des conditions idéales: les trajets pour se rendre dans les centres urbains ne sont pas longs et les infrastructures sont également très bien développées dans les régions alpines, qu’il s’agisse des chemins de fer, de la route, du réseau à haut débit, de la 4G et maintenant de la 5G. Et nos portraits le montrent: suivant la profession, il est aujourd’hui déjà possible de travailler dans les montagnes.
 
Alors, est-ce que je fais mes bagages pour aller m’installer dans les Alpes? 

Ce n’est pas si simple. Les nombreuses discussions que nous avons eues avec des expertes, des politiciens et des scientifiques montrent que le monde du travail n’est pas encore prêt.  

«En matière de télétravail, nous en sommes encore aux balbutiements», dit par exemple le conseiller national Martin Candinas, qui s’engage en faveur des régions de montagnes.

Lorenz Ramseyer, de l’association alémanique de nomades numériques digitalenomaden.ch, raconte que, comparé à ce qui se passe à l’étranger, les entreprises suisses sont plutôt frileuses face au travail mobile: «Nous sentons que dans notre culture de la présence, des nombreuses entreprises sont inquiètes. En particulier quand il s’agit d’emplois à 100% mobiles».

Une autre entrave vient d’une particularité typiquement helvétique qui me dérange même si je la partage: le scepticisme face à ce qui est nouveau. Avant de me lancer dans le travail à distance, je préfère attendre de voir si cela fonctionne bien pour ceux qui en prennent le risque.

Cette méfiance à l’égard de la nouveauté se retrouve partout en Suisse. La technologie 5G permet par exemple de fournir une connexion internet aux hameaux et aux alpages les plus retirés sans poser de câbles, ce qui est coûteux. Mais cette technologie rencontre en Suisse une opposition extrêmement déterminée.










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Ils ont osé

Le réalisateur de films documentaires Reto Caduff et la journaliste Simone Ott ont vécu près de vingt ans dans des métropoles américaines. Ils sont maintenant installés dans un village de 500 âmes du canton de Glaris.

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À l’entrée de Filzbach, un village dispersé sur un plateau qui surplombe le lac de Walenstadt, se dresse une très grande maison. La vue y est spectaculaire. C’est là que vivent Simone Ott et Reto Caduff.

Le couple a passé près de vingt ans aux États-Unis. Reto Caduff a d’abord vécu à New York, puis à Los Angeles avec Simone Ott. En Suisse, ils cherchaient au départ une maison de vacances où passer de temps à autre, mais ils ont trouvé cette bâtisse construite dans les années 1910 par un artiste pour y installer son atelier. À ce prix, ils n’auraient pas même pu acheter un appartement de trois pièces à Zurich.

Et la maison leur a tant plu qu’ils sont revenus en Suisse pour s’y installer.





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La maison de Reto Caduff et Simone Ott a été construite dans les années 1910 par un artiste qui en a fait son atelier.



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La numérisation a joué un grand rôle dans cette décision parce qu’elle leur permet de travailler quel que soit l’endroit où ils se trouvent: Simone Ott fait du marketing en ligne. Reto Caduff réalise des films documentaires et dirige une maison d’édition de livres de photographie.  

«Je travaille avec des instruments modernes tels que Skype, WhatsApp, Vimeo – de manière à ce que nous puissions discuter et regarder des choses ensemble», dit Reto Caduff. «J’ai renoncé au bureau que j’avais à Zurich et je travaille maintenant depuis ici». Il se rend de temps en temps en ville pour un rendez-vous. Le trajet lui prend environ 1h10. «Nous disons toujours en plaisantant qu’ici, il nous faut moins de temps pour aller à Zurich qu’il nous en fallait à Los Angeles pour nous rendre à la plage.»

Reto Caduff fait presque tout depuis la maison. Parfois, des collaborateurs montent à Filzbach. «Évidemment, pour filmer il faut se rendre sur place. Mais on peut très bien faire les préparatifs ici. Nous avons même déjà monté des films ici. Ou déployé des photos au salon pour préparer l’édition d’un livre. C’est agréable: nous sommes loin de l’agitation et nous travaillons de manière plus concentrée. En ville, si on sort à midi et rencontre quelqu’un, il est très vite 14h30…», dit-il en riant. 






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Sur le plan privé également, la numérisation a aussi atténué les effet du déménagement. «Les médias sociaux et Skype nous permettent d’entretenir plus facilement les contacts avec nos amis aux États-Unis», dit Simone Ott. Ils peuvent lire le New Yorker et d’autres médias internationaux sur leur iPad.

«Mais il n’y a pas que les médias numériques, dit-elle. Le shopping en ligne est aussi important pour moi. Je peux ainsi faire des achats à New York, Tokyo, Los Angeles, Londres, Paris, Berlin, etc. Autrement dit: je fais venir le monde entier dans ces montagnes.»
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Simone Ott apporte de l’eau de source dans des verres – elle sort ici directement du robinet. Après notre entretien, elle va se promener avec le chien. La vie dans les montagnes présente de nombreux avantages au point qu’on peut se demander pourquoi le nombre de Suissesses et de Suisses qui s’y installent n’est-il pas plus important? «En Suisse, nous sommes très attachés à notre terroir, explique Reto Caduff. Nous restons là où nous avons grandi ou alors nous allons à Berne, Bâle ou Zurich».

Le pays ne connaît pas le type de mobilité qu’on rencontre en Amérique du Nord et les Suissesses et les Suisses préfèrent penduler. «Je ne sais pas si nous serions montés ici si nous n’avions pas vécu aux États-Unis. Notre regard sur la Suisse est maintenant différent et nous voyons les avantages des montagnes – le paysage intact, loin du mitage du Plateau.»

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Comme de nombreux Romanches, le climatologue Jan Sedlacek a fait ses études en plaine. Il a ensuite travaillé plusieurs années au Canada et à Zurich et il a fondé une famille. Il dirige aujourd’hui depuis l’Engadine une entreprise qui emploie dix collaborateurs à Zurich.
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Christina Sedlacek déploie sur la table du fromage de l’Engadine, du saucisson, des légumes crus et du melon. Les enfants, âgés de 12, 10 et 8 ans, rentrent tous les jours à midi pour le repas, exactement comme leur père.

Mais pour lui, le trajet entre le travail et le foyer ne dure pas plus de 60 secondes: il partage avec son père un bureau dans la maison de ses parents qu’on peut voir depuis son appartement.
 
C’est exceptionnel. «La majeure partie des nouveaux arrivants font la navette entre leur domicile et leur travail. Et seuls quatre ou cinq des élèves avec qui j’étais en classe sont revenus en Engadine», souligne Jan Sedlacek.

Jan et Christina ont travaillé quelques années comme chercheurs au Canada et ont ensuite vécu avec leurs enfants dans le canton de Zurich. Ce retour n’a pas été facile: «Les hivers sont pénibles à Zurich, il y a peu de lumière et beaucoup de brouillard», explique Christina. En Engadine, l’hiver est nettement plus froid, mais il y a beaucoup plus de soleil. Rester à Zurich aurait été plus simple au niveau financier et organisationnel. Mais les Sedlacek voulaient revenir en Engadine et ont réfléchi à un moyen d’y gagner leur vie.


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Avec un ami zurichois, Jan a fondé une entreprise qui traite et analyse d’importantes quantités de données pour l’industrie des télécoms.
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Les dix collaborateurs travaillent à Zurich, Jan Sedlacek à Sent. Tous les dix jours environ, il descend dans la métropole pour une journée de discussions. Les autres questions sont réglées par Skype.

Les infrastructures sont bonnes en Engadine et les Sedlacek n’ont pas même besoin d’une voiture. Il y a plusieurs magasins d’alimentation à Sent et il leur suffit d’une quinzaine de minutes en bus pour se rendre à Scuol, une localité un peu plus importante.

Une chose fait cependant défaut: «Une connexion internet en fibre optique serait super», dit Jan qui a impérativement besoin d’un internet rapide. Il travaille pour des clients internationaux et, à partir de l’analyse de données, de mesures et de prévisions, évalue quels appareils pourraient rencontrer des problèmes. Ce travail est si spécialisé que l’entreprise reste concurrentielle au niveau international malgré les hauts salaires en Suisse. Elle tourne bien et était déjà dans les chiffres noirs l’année de sa création, en 2016.

Christina a pour sa part rapidement trouvé une place de professeure de biologie à l’Academia Engiadina de Samedan. «Ici en haut, les familles où la femme ne travaille pas sont très rares, dit Jan. Les gens travaillent beaucoup, mais ne sont pas stressés.»

Il remarque qu’on travaille plus en Suisse qu’au Canada. A Zurich votre activité professionnelle est déterminante pour définir une personne. «Ici en haut, c’est beaucoup plus décontracté qu’en plaine, dit Jan Sedlacek. Presque comme au Canada.»


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Jan Sedlacek: «Le village est comme une grande place de jeu. On est sûr qu’il y a toujours quelqu’un pour surveiller les enfants.»


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Aller en vitesse skier à midi et reprendre le travail l’après-midi, c’est possible à Sent. Les Sedlacek peuvent arriver à ski jusqu’à la porte de leur maison.



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Le journaliste touristique Martin Hoch et sa femme viennent de Bâle. Ils ont voyagé huit ans autour du monde. Puis ils sont revenus en Suisse. Ils se sont demandé quel était le plus bel endroit du pays et ils se sont installés dans la région de Surselva aux Grisons.


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Der 38-jährige Reisejournalist und Blogger machte sich selbständig. In Flims betreibt er eine Galerie.

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Martin et Sara Hoch ont fait le tour du monde: pendant huit ans, ils sont passés d’un endroit à l’autre, donnant ici des cours de plongée ou aménageant là une guesthouse. Ils ont dormi sur des voiliers ou dans un bus VW réaménagé. Régulièrement, ils revenaient en Suisse pour gagner de l’argent en travaillant quelques mois chez Roche ou Novartis. Et puis ils repartaient.

Dans les pays qu’ils ont traversés, ils ont été frappés de constater que les autochtones n’habitent pas dans les plus beaux endroits. Plutôt qu’au bord de la mer ou sur une colline pittoresque, ils vivent dans des banlieues grisâtres ou des zones industrielles polluées. «Beaucoup d'entre eux parce qu’ils n’ont pas le choix», relève Martin Hoch. Mais en tant que Suisses, nous l’avons bien, se sont-ils dit.


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Martin Hoch s’est installé comme indépendant avec un blog consacré au voyage. Comme cela ne suffit pas, il écrit en freelance pour différents médias des articles consacrés au voyage.  

Pour ces reportages, il voyage souvent avec un ami photographe qu’il a rencontré en Amérique du Sud, Nico Schaerer. Et ensemble, ils ont trouvé une niche: ils vendent les meilleures photographies en grands formats dans deux galeries, à Flims et à Zurich, et sur un site en ligne.

Martin et Nico utilisent différents supports d’impression pour leurs photographies, par exemple du papier en coton de qualité muséale ou du plexiglas. Ils vendent ces images géantes aussi bien aux privés qu’aux entreprises. La plus grande qu’ils aient réalisée jusqu’à présent mesurait 14 mètres. La galerie marche bien et se développe. Les commandes affluent.

Au départ, Sara, l’épouse de Martin, avait également l’intention de travailler en indépendante, mais en tant que développeuse Web. Elle s’est ensuite tournée vers le tourisme et commencera prochainement des études d’ingénieure en environnement.

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En voiture ou en transports publics, le trajet de Flims à Zurich dure moins de deux heures.
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Cette vie de freelance dans les montagnes est possible grâce à la numérisation: «Je peux produire et envoyer mes produits depuis n’importe où», dit Martin Hoch. Que ces produits soient des articles, des images ou la gestion en tant que rédacteur en chef d’une édition particulière du magazine de voyage Transhelvetica.

À Laax, le coût de la vie est moins élevé qu’à Bâle où Martin et Sara ont vécu dans le passé: «Nous payons nettement moins d’impôts et de primes d’assurance-maladie», dit-il. En outre, dans les montagnes, ils consomment moins parce qu’ils ne sont pas toujours en train de faire des achats ou de prendre des cafés à l’extérieur.

Laax est cependant une destination touristique et les loyers n’y sont pas bon marché. Le couple a résolu ce problème en achetant un appartement, ce qui, avec les taux d’intérêt actuels, réduit pour eux le coût de la vie. «Au début, nos revenus n’atteignaient que la moitié de ceux que nous réalisions à Bâle et pourtant, après déduction de tous les frais, il nous restait à peu près la même chose», relève Martin Hoch.

Interrogé sur ce dont il a besoin pour travailler dans les montagnes, Martin Hoch explique que c’est «un mélange entre les moyens techniques et des partenaires prêts à collaborer de manière moderne et indépendante du lieu».

Compte tenu des possibilités, il estime que les employeurs suisses ne sont pas très ouverts en ce domaine. «En fait, c’est tout simple, souvent un téléphone et une adresse e-mail suffisent.» En Suisse, les courtes distances pour se rendre dans les centres urbains facilitent cette manière de travailler. «On peut vite aller passer une journée à Zurich». Cela prend moins de deux heures en voiture.

Lorsque Martin Hoch discute de cette question avec des amis qui vivent en plaine, ils ont souvent des réserves. Mais il estime qu’«il faut se demander ce qui est le plus important pour nous: le job parfait ou un environnement où on se sent bien».

Martin et Sara ont trouvé leur réponse. «La qualité de vie ici dans les montagnes est vraiment très haute, dit Martin. Pour le moment, je n’ai pas envie d’en partir.»
En voiture ou en transports publics, le trajet de Flims à Zurich dure moins de deux heures.
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«Je me promène chaque jour deux ou trois heures avec notre chien et j’utilise les remontées mécaniques et les chemins pédestres.» Martin Hoch profite également volontiers de l’offre wellness des hôtels cinq étoiles.


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«Les autochtones sont vraiment très sympathiques. Mais nous n’avons pas tant d’occasions de contacts avec eux. Nous menons en quelque sorte une vie d’expatriés dans notre propre pays. Les gens de mon entourage viennent pour la plupart de Bâle, Zurich ou de l’étranger.»
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En 1973, la Bâloise Sandra Schneider est partie en vacances avec ses parents à Ernen, en Valais. Elle y est retournée à l’âge adulte et y a acheté une maison de vacances. En 2017, elle y a fondé une entreprise qui facilite l’intégration des prescriptions concernant la TVA dans les systèmes informatiques de grandes sociétés internationales.



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Nous rendons visite à Sandra Schneider un jour de printemps ensoleillé. Une légère brise parcourt les hauts prés fleuris qui entourent Ernen.

Nous sortons du village à pied en direction de la colline au gibet. Celle-ci doit son nom à la potence qui s’y trouve toujours, bien que la dernière exécution remonte à 1764.
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Le gibet d’Ernen est visible de loin. Il s’agit de la seule potence de Suisse dont trois colonnes sont conservées, mais les poutres qu’elles portaient ont disparu. Visite du village avec Sandra Schneider.


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Sandra Schneider sait que du thym pousse à proximité du gibet. Elle le cueille au printemps, le sèche et l’utilise pour épicer les viandes. Elle suivra ce week-end un cours sur les plantes aromatiques, en ramassera et les utilisera pour cuisiner. Pétrie avec la pâte à pain, l’«herbe du bon Henri» donne par exemple un pain aux herbes des Alpes. «Voilà quelque chose qu’on ne peut faire qu’ici dans les montagnes», dit-elle avec enthousiasme.

Elle apprécie également d’autres activités liées à la montagne, le ski, de fond et de piste, et les randonnées. Indépendante, elle peut choisir de travailler un dimanche afin d’être libre un jour de semaine pour aller skier quand il y a moins de monde sur les pistes.


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Tout est calme à Ernen. On entend seulement les cloches des vaches, les grillons et le murmure de la fontaine.



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À Ernen, Sandra Schneider et son partenaire ont acheté un chalet et, depuis qu’il est à la retraite, ils passent régulièrement plusieurs semaines de suite dans les hauteurs.

C’est aussi ici que Sandra Schneider a fondé son entreprise. Elle conseille d’autres sociétés en matière de TVA sur les transactions internationales. Au niveau fiscal, un siège établi à Ernen est plus avantageux qu’à Bâle-Campagne. En outre, tout est ici plus simple, plus pragmatique, avance Sandra Schneider.

Elle reçoit de nombreux mandats. La plupart viennent de personnes qu’elle a connues en travaillant comme conseillère pour une grande société de révision et pour d’autres grandes entreprises. «En Suisse, on aime travailler avec des gens que l’on connaît déjà et avec qui on a établi une relation de confiance», explique-t-elle.

Cette spécialisation très pointue a constitué un bon tremplin. Les entreprises préfèrent donner des mandats à l’extérieur plutôt que former quelqu’un à l’interne dans un domaine aussi particulier.

Sandra Schneider estime qu’on a de meilleures chances en acquérant un savoir-faire sur une question locale et en se spécialisant dans ce domaine. Parce que sinon, en général, le travail peut aussi être effectué par une Indienne ou une Singapourienne.

Pour cette spécialiste, la combinaison entre le télétravail et les déplacements pendulaires représente un modèle d’avenir qui offre l’opportunité de s’installer dans les montagnes. Elle est convaincue qu’à long terme, ce type d’emploi s’imposera dans le monde du travail en Suisse.


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