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Histoire de l'industrie pharma suisse

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Introduction

Pour trouver une issue à la pandémie la plus dévastatrice de ces cent dernières années, le monde s’est tourné vers l’industrie pharmaceutique.

Et cela fait justement 100 ans que la Suisse est une plaque tournante de la pharma mondiale.

Comment la fabrication de médicaments a-t-elle contribué à faire d’un petit pays de montagne un géant industriel? Comment les entreprises pharmaceutiques helvétiques ont-elles réagi face à la pandémie de Covid-19, la plus grande crise de santé publique depuis des générations? Regard historique, actuel et futur.
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Du Rhin vers le monde entier

Bien avant les flacons de vaccins et les emballages de médicaments, on trouvait en Suisse des cuves remplies de colorants. La pharma helvétique est née de l’industrie des colorants chimiques au service du commerce florissant de la soie et du textile en Europe.  

À la fin du 19e siècle, la Gesellschaft für Chemische Industrie Basel (connue plus tard sous le nom de Ciba), Geigy (J.R. Geigy) et Kern & Sandoz (qui deviendra Sandoz) étaient des noms connus à Bâle. Seule la marque Sandoz subsiste dans le monde pharmaceutique actuel, mais tous ces acteurs ont façonné la société aujourd’hui connue sous le nom de Novartis.  

En 1896, F. Hoffmann-La Roche & Co (aujourd’hui, Roche) a transposé une partie de son savoir-faire en chimie à l’industrie pharmaceutique, devenant ainsi la première entreprise bâloise à se consacrer exclusivement aux produits pharmaceutiques.  

Photo: L’usine Geigy, à Grenzach, en Allemagne, en 1924. (Novartis AG)
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Le site de Bâle présentait plusieurs avantages: il était bien desservi par les transports et situé à la frontière avec la France et l’Allemagne. Il s’avérait être également une plaque tournante de l’industrie du textile et des rubans de soie dans le Haut-Rhin, qui dépendait fortement des colorants.

Alors que le Rhin fournissait de l’eau pour la fabrication, il était également un endroit pratique pour se débarrasser des déchets toxiques des usines de teinture.  

La Suisse n’avait, par ailleurs, pas fixé de protection par brevet pour les procédés chimiques avant 1907, ce qui permettait aux entreprises bâloises de fabriquer sans problème des produits étrangers.  
Photo: Sandoz Bâle. La première usine Kern & Sandoz dans le quartier St. Johann, à Bâle, vers 1890. (Novartis AG)
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Les entreprises qui ont donné naissance à Novartis ont débuté par le commerce de matières premières, le développement de colorants synthétiques et la création d’étiquettes colorées pour les biens de consommation.  

Ciba, Geigy et Sandoz ont participé à l’âge d’or de la chromolithographie en Europe. Jusque dans les années 1930, les emballages de teinture aux étiquettes colorées de Bâle inondaient les marchés asiatiques.  

Photo: Impressions de bleu d’aniline provenant d’un registre de contrôle de fabrication. (Novartis AG)
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Illustration: Une étiquette Geigy pour Hong Kong. Imprimerie François Appel, Paris. François Appel a travaillé pour de grandes entreprises européennes de 1875 à 1890. (Novartis AG)
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À la fin du 19e siècle, les teintureries bâloises ont découvert qu’une partie du savoir-faire et des matières premières pour les teintures synthétiques pouvait servir à la fabrication de médicaments.  

Les sociétés chimiques se sont alors lancées dans le commerce des produits pharmaceutiques, bien qu’avec hésitation. Mais ceux-ci se sont rapidement avérés rentables.   En 1914, seuls 10% du chiffre d’affaires de Sandoz provenaient des produits pharmaceutiques. En 1952, ces derniers représentaient la plus grande part des ventes de l’entreprise.  

Photo: Sandoz dans les années 1930 (Novartis AG)
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Au fil des ans, des sociétés ont été vendues, achetées et fusionnées. La fusion de Ciba et de Geigy, autrefois de féroces concurrents, a créé la surprise à Bâle en raison de leurs cultures d’entreprise très différentes. Des années après la fusion, les employés éprouvaient encore un sentiment de loyauté envers l’ancienne Ciba ou l’ancienne Geigy.  

En 1996, lorsque Sandoz s’est allié avec Ciba-Geigy pour créer Novartis, il s’agissait de la plus grande fusion d’entreprises jamais inscrite au registre du commerce de Bâle. Aujourd’hui encore, cette opération est considérée comme l’une des plus grandes fusions jamais réalisées en Suisse. Le nom Novartis est inspiré des mots latins «novae artes», qui signifient «nouveaux arts ou compétences».  

De nombreuses autres multinationales suisses, telles que Syngenta et Clariant, trouvent également leurs racines dans l’industrie chimique bâloise.  

CHRONOLOGIE
1758 Geigy
1873 Gesellschaft für Chemische Industrie Basel (Ciba en 1945)
1886 Kern & Sandoz (Sandoz en 1939)
1896 Roche
1970 Fusion de Ciba et de Geigy
1996 Novartis  

Photo: (Keystone)
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Photo: Ébauche du logo du groupe Novartis nouvellement fusionné, 1996.


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Alors que Novartis est le produit de fusions opérées au fil des ans, Roche a conservé son nom dès ses débuts en tant que société pharmaceutique.   Le groupe a été fondé le 1er octobre 1896 par Fritz Hoffmann-La Roche, alors que celui-ci n’avait que 28 ans. Il est décédé en 1920, époque à laquelle l’avenir de l’entreprise était incertain. L’année précédente, les mauvaises perspectives financières l’avaient conduit à transformer Roche en une société anonyme.  

La famille fondatrice finit par acquérir une participation majoritaire dans l’entreprise. Quelque cent vingt-cinq ans plus tard, la majorité des actions à droit de vote sont toujours détenues par les descendants du fondateur.  

Photo: Fritz et Adèle Hoffmann (F. Hoffmann-La Roche Ltd, Bâle)
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Novartis et Roche ont fait la réputation de la Suisse en tant que pôle pharmaceutique. Mais le pays abrite également des centaines de géants pharmaceutiques étrangers, de petites entreprises de biotechnologie, des fabricants, des start-ups évoluant dans le domaine de la santé ainsi que des prestataires de services.  

En 1980, la part de l’industrie pharmaceutique dans le produit intérieur brut de la Suisse s’élevait à quelque 1%. Aujourd’hui, elle atteint environ 5%. En 2020, les produits pharmaceutiques représentaient près de 45% de l’ensemble des exportations suisses.  

L’Union européenne constitue le plus grand marché pour les produits pharmaceutiques suisses (50%), mais les États-Unis représentent le pays le plus important. Au cours des vingt dernières années, les exportations vers le pays de l’Oncle Sam ont plus que doublé, grimpant de 11% à 24%.
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Photo: Vue aérienne du campus et du siège de la société biopharmaceutique Genentech, à South San Francisco, en Californie. (alamy.com)
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Grâce au commerce des colorants, les entreprises bâloises ont pu très tôt mettre un pied à l’étranger.

Lorsqu’elles se sont tournées vers les produits pharmaceutiques, l’étroitesse du marché intérieur suisse a fait de la croissance internationale le seul moyen d’être compétitif. En 1912, Roche ouvre un «bureau scientifique» à Yokohama et entretient d’étroites relations avec les principaux professeurs japonais. Ciba fait de même avec un bureau scientifique et de vente à Osaka. Dans la première moitié du 20e siècle, les entreprises suisses ont créé des filiales ou des succursales à l’étranger, en Chine, au Japon, en Russie, en Argentine et au Brésil, pour réduire les coûts de production et de transport et contourner les restrictions aux échanges internationaux.

Elles ont su évoluer dans des dynamiques géopolitiques délicates grâce à la neutralité helvétique. Laquelle fut mise à l’épreuve pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque des entreprises bâloises signèrent des accords avec le régime nazi. Roche employait des prisonniers de guerre. Mais le groupe a aussi transféré de nombreux scientifiques juifs qui travaillaient dans sa filiale berlinoise, les sauvant ainsi de la persécution.

Photo: Locaux de Ciba à Shanghai, vers 1938. (Novartis AG)
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En 1919, lorsque les entreprises chimiques bâloises discutent de l’opportunité de s’implanter aux États-Unis, les membres des conseils d’administration sont divisés. Ils n’apprécient pas la manière «égoïste» de faire des affaires qui prévaut aux États-Unis et craignent que les Américains ne volent leurs secrets. Mais «l’Amérique est la terre de l’avenir, écrit un administrateur. Si nous ne saisissons pas l’occasion de nous y implanter maintenant, nous en serons totalement exclus dans quelques années». Un an plus tard, les entreprises bâloises acquièrent une ancienne usine de teinture à Cincinnati, dans l’Ohio. Roche ouvre également une usine à Nutley, dans le New Jersey, qui s’avère fort utile pendant les guerres mondiales. En 1943, cette dernière contribuait à la moitié du chiffre d’affaires du groupe. Photo: Usine de la société Ault & Wiborg Co. Cincinnati, Ohio, rachetée par les entreprises chimiques bâloises. (Novartis AG)
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Photo: Samuel Koechlin, le premier directeur général après la fusion Ciba-Geigy en 1970, a rapporté de son séjour aux États-Unis des méthodes de gestion qui ont stimulé la croissance et brisé les hiérarchies et structures internes suisses. (Novartis AG)
Photo: Samuel Koechlin, le premier directeur général après la fusion Ciba-Geigy en 1970, a rapporté de son séjour aux États-Unis des méthodes de gestion qui ont stimulé la croissance et brisé les hiérarchies et structures internes suisses. (Novartis AG)
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L’après-guerre est une période faste pour l’industrie pharmaceutique suisse, mais celle-ci fait face à une concurrence accrue de l’autre côté de l’Atlantique. Alors que les entreprises allemandes sont en difficulté, les sociétés britanniques et américaines comblent le vide, poussées par la découverte de la pénicilline et d’autres antibiotiques.

Mais la «révolution thérapeutique» du milieu du 20e siècle a profité à l’ensemble du secteur, les investissements dans la recherche de nouveaux médicaments ayant explosé. Les ventes ont bondi au cours des deux décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale et les entreprises bâloises ont consolidé leur position d’acteurs mondiaux majeurs.
Photo: Samuel Koechlin, le premier directeur général après la fusion Ciba-Geigy en 1970, a rapporté de son séjour aux États-Unis des méthodes de gestion qui ont stimulé la croissance et brisé les hiérarchies et structures internes suisses. (Novartis AG)
Photo: Samuel Koechlin, le premier directeur général après la fusion Ciba-Geigy en 1970, a rapporté de son séjour aux États-Unis des méthodes de gestion qui ont stimulé la croissance et brisé les hiérarchies et structures internes suisses. (Novartis AG)
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La course aux meilleurs cerveaux

Les premiers emplois dans l’industrie chimique suisse consistaient à fabriquer des produits pour les masses par les masses. Il s’agissait essentiellement de postes en usine, bien rémunérés par rapport aux autres de l’époque, mais sales et dangereux.

Une situation qui a changé avec le développement de produits pharmaceutiques: les employés emballent des pilules ou travaillent dans des laboratoires plutôt que de nettoyer des cuves de teinture. Les recherches d’un scientifique de haut niveau apportent en outre prestige, récompenses et profits.  

En 1937, l’industrie chimique et pharmaceutique bâloise comptait quelque 4300 collaborateurs. En 2018, environ 32’000 personnes travaillaient dans l’industrie des sciences de la vie.

Photo: Laboratoire de parasitologie à l’Institut de recherche Sandoz en Autriche. (Novartis AG)
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Photo: Sandoz, Bâle. Des ouvriers teinturiers vident un filtre-presse, 1950. (Novartis AG)
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L’évolution de l’industrie vers le secteur pharmaceutique a ouvert la porte à la gent féminine. Avec l’essor des produits pharmaceutiques et la nécessité d’une gestion interne, les femmes ont été embauchées comme secrétaires ou dans le conditionnement.

Sur 101 titres professionnels chez Ciba en 1954, allant d’archiviste à zoologiste, quatre sont classés comme des postes «explicitement féminins». Il s’agit des commises à la facturation, des responsables de l’aide sociale, des secrétaires et des nettoyeuses, selon une enquête menée cette année-là. D’après cette dernière, la main-d’œuvre était composée de 89,6% d’hommes et de 10,4% de femmes. Aujourd’hui, 45% des employés de Novartis sont des femmes.  

Photo: Sur le toit de l’usine d’emballage de Sandoz à Bâle, 1959. (Novartis AG)
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Alice Keller (avec l’aimable autorisation de F. Hoffmann-LaRoche Ltd, Bâle)
Alice Keller (avec l’aimable autorisation de F. Hoffmann-LaRoche Ltd, Bâle)
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Quelques femmes ont réussi à franchir les portes des laboratoires et des salles de réunion.
La première femme cadre de Roche, Alice Keller, originaire de Bâle et titulaire d’un doctorat en économie politique, a travaillé au siège pendant un an avant d’accepter un poste à Tokyo, où la société avait créé une filiale en 1925. À son arrivée en 1928, elle a commencé comme une «sorte d’assistante», écrit Roche, chargée de tâches comme le traitement de la correspondance, la révision de documents et un peu de comptabilité.
Alice Keller (avec l’aimable autorisation de F. Hoffmann-LaRoche Ltd, Bâle)
Alice Keller (avec l’aimable autorisation de F. Hoffmann-LaRoche Ltd, Bâle)
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L’un des facteurs de réussite de l’industrie pharmaceutique était sa relation avec les institutions universitaires, en particulier l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).

Les scientifiques de haut niveau étaient traités comme des rois – une pratique qui renforçait les hiérarchies rigides au sein des entreprises.

De nombreux dirigeants faisaient partie de l’élite économique et sociale de Bâle, connue sous le nom de «Daig», et étaient très fiers du nombre de prix Nobel qu’ils avaient décroché.
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Photo: Intérieur du bâtiment d’Hoffmann-La Roche en 1928 (avec l’aimable autorisation d’Hoffmann-La Roche)
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Les entreprises pharmaceutiques conservent un certain statut à Bâle et en Suisse. Leurs directeurs généraux sont parmi les mieux payés d’Europe.  

Le profil de l’employé type de l’industrie pharmaceutique a changé avec la mondialisation et l’abandon de la production des emballages de médicaments. Au lieu des ouvriers d’usine et de l’élite bâloise, les couloirs sont remplis d’«expatriés», parfois perçus comme étant en retrait de la société suisse. L’anglais est plus répandu que le dialecte suisse allemand local dans les entreprises et certains quartiers de Bâle.  

Photo: La tour Roche est le plus haut bâtiment habitable de Suisse. Elle doit être rejointe en 2022 par une autre tour, encore plus haute. (Keystone)
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Photo: Le bâtiment Gehry du Campus Novartis. (Novartis AG)









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Une industrie appelée à rendre des comptes

Des accidents dévastateurs et une série de scandales dans l’industrie pharmaceutique ont secoué l’opinion publique suisse et mondiale dans les années 1970-80. Un accident d’origine chimique dans une usine appartenant à une filiale de Roche à Seveso, en Italie, en 1976, ainsi qu’un incendie dans l’usine Sandoz de Schweizerhalle, à proximité de Bâle, en 1986, ont donné lieu à la promulgation de mesures de sécurité et de protection de l’environnement qui allaient devenir la norme dans toute l’industrie.      

Ces accidents suscitent l’indignation du public, qui reproche aux entreprises de réagir trop lentement et de fuir leurs responsabilités.      

D’autres catastrophes et scandales, tels que le boycott des laits en poudre pour bébés de Nestlé, la tragédie de Bhopal en Inde causée par une fuite de gaz et l’accident nucléaire de Tchernobyl, ont amené le public à s’interroger sur le pouvoir et les pratiques des multinationales.      

Photo: Le 10 juillet 1976, un réacteur chimique a explosé dans l’usine de Seveso, près de Milan, appartenant à Roche. (Keystone)
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Le 1er novembre 1986, un incendie s’est déclaré dans l’usine Sandoz de Schweizerhalle, près de Bâle. Des produits polluants ont été déversés dans le Rhin, causant des dommages environnementaux jusqu’aux Pays-Bas.      

L’entrepôt détruit par l’incendie contenait plus de 1000 tonnes d’insecticides et de pesticides. L’accident a fait virer le Rhin au rouge, tué des milliers de poissons et produit une fumée âcre au-dessus de la ville.      
Les habitants en colère ont réclamé des mesures. Aucun membre de la direction de Sandoz n’est tenu pour responsable de l’accident. Des années plus tard, Novartis a accepté de verser quelque 43 millions de francs suisses de dommages et intérêts à la Suisse et aux autres pays touchés.
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Photo: Des pompiers en combinaison de protection lors des travaux de nettoyage qui ont suivi la catastrophe de Schweizerhalle. (Keystone)
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Si une catastrophe de cette ampleur déclenchée par l’industrie pharmaceutique a peu de chances de se produire en Suisse aujourd’hui, la pollution de l’eau et les risques liés à la chaîne d’approvisionnement à l’étranger restent des problèmes. Pour réduire les coûts, une grande partie de la chaîne d’approvisionnement a été délocalisée.      

La plupart des principes actifs sont produits en Chine et les produits finis en Inde, où les rejets d’eaux usées des usines pharmaceutiques constituent un problème majeur.      

Photo: Les émissions des usines produisant des antibiotiques et d’autres médicaments ont pollué les principaux cours d’eau d’Hyderabad, en Inde, en 2008. (Keystone)
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Une station de remplissage de comprimés de vitamines effervescents au siège d'Hoffmann La Roche à Bâle, 1991. (Keystone)
Une station de remplissage de comprimés de vitamines effervescents au siège d'Hoffmann La Roche à Bâle, 1991. (Keystone)
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Les entreprises suisses étaient loin d’être à l’abri des scandales et des crises de réputation qui ont frappé l’industrie pharmaceutique mondiale dans les années 1990. Celle-ci était considérée comme avide, réalisant des profits exorbitants et versant des salaires élevés à ses dirigeants sur le dos des patients.      

En 1999, Roche a plaidé coupable et payé une lourde amende de 500 millions de dollars aux États-Unis pour avoir dirigé ce que l’on a appelé le «cartel des vitamines»: une entente mondiale visant à augmenter et à fixer les prix des vitamines pour éliminer la concurrence. Deux ans plus tard, la Commission européenne a infligé une amende similaire au géant rhénan.      

En 2020, Novartis a versé 729 millions de dollars aux autorités américaines dans le cadre de l’un des plus importants règlements à l’amiable de l’industrie pour avoir soudoyé des médecins afin qu’ils prescrivent les médicaments du groupe.
Une station de remplissage de comprimés de vitamines effervescents au siège d'Hoffmann La Roche à Bâle, 1991. (Keystone)
Une station de remplissage de comprimés de vitamines effervescents au siège d'Hoffmann La Roche à Bâle, 1991. (Keystone)
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Le psychiatre Roland Kuhn (archives du canton de Thurgovie)
Le psychiatre Roland Kuhn (archives du canton de Thurgovie)
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Certaines des méthodes utilisées pour développer et tester les médicaments ont également soulevé des questions éthiques.      

L’un des cas les plus connus est celui du psychiatre Roland Kuhn, qui a participé au développement de l'Imipramine, que Geigy a commercialisée sous le nom de Tofranil pour traiter la dépression. Entre 1946 et 1980, 3000 personnes ont servi de «cobayes» à la clinique psychiatrique de Münsterlingen (canton de Thurgovie), dont Roland Kuhn était le directeur. Les patients se portaient rarement volontaires pour ces expériences et n’étaient que peu informés des médicaments qu’on leur administrait.      

L’essai de traitements, même dans le cadre d’essais cliniques formels, continue de poser de graves questions éthiques, notamment en ce qui concerne le consentement des patients, les pratiques discriminatoires et la confidentialité.
Le psychiatre Roland Kuhn (archives du canton de Thurgovie)
Le psychiatre Roland Kuhn (archives du canton de Thurgovie)
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Les patients des pays à faible revenu sont souvent ceux qui souffrent le plus des pratiques des entreprises, notamment des monopoles et des prix élevés.      

Cette situation a atteint son paroxysme lors de la crise du VIH/SIDA, lorsqu’un groupe de 39 sociétés, parmi lesquelles Roche et Novartis, a poursuivi le gouvernement sud-africain en 1998 pour avoir promulgué une loi permettant l’accès à des génériques moins chers des traitements antirétroviraux. À l’époque, Roche était l’un des principaux fabricants de diagnostics et de traitements contre le VIH.      

Au cours de la bataille juridique qui a duré trois ans, le secteur a fermé des usines et réduit ses investissements dans le pays. Pendant ce temps, l’Afrique du Sud affichait le taux d’infection par le VIH le plus élevé du monde. Face au tollé général et à la pression de l’Organisation mondiale de la Santé, de l’Union européenne et du gouvernement américain, les entreprises ont abandonné les poursuites.      

Cela a ouvert la voie aux fabricants de génériques pour produire à grande échelle des médicaments brevetés. Mais les entreprises pharmaceutiques suisses sont restées farouchement opposées à l’assouplissement de la protection des brevets pour permettre la production de versions plus abordables de leurs thérapies.    

Photo: Des manifestants défilent en 2001 dans les rues de Pretoria pour protester contre les bénéfices que les sociétés pharmaceutiques tirent de la vente de médicaments contre le sida. (Reuters)
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En quête d’un remède

Au milieu des scandales qui ont éclaboussé l’industrie pharmaceutique, les scientifiques des entreprises suisses ont réalisé des découvertes majeures qui ont façonné l’évolution de pathologies allant de la dépression et de l’anxiété à la malaria, en passant par la maladie de Parkinson et le cancer. Certains des premiers produits, comme le narcotique Pantopon ou l’antibiotique Bactrim, sont encore utilisés aujourd’hui.      

Mais des questions demeurent quant aux investissements dans la recherche. Qui détermine les priorités des entreprises? Les besoins en matière de santé publique ou les actionnaires?      

Photo: En 1955, Leo Sternbach, chimiste chez Roche, a identifié le médicament benzodiazépine, commercialisé sous le nom de Librium. (Avec l’aimable autorisation de F. Hoffmann-LaRoche Ltd, Bâle)
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De 1959 à 1969, toutes les entreprises chimiques et pharmaceutiques bâloises ont vu leurs chiffres d’affaires multipliés par trois à cinq. Les départements de marketing ont joué un rôle très important.      

Mais lorsque les ventes des anciens produits vedettes diminuent, les entreprises doivent rapidement se tourner vers de nouveaux traitements ou secteurs d’activité stratégiques. Les sociétés bâloises se sont diversifiées dans différents segments, de l’agriculture à la nutrition en passant par les diagnostics. Certaines unités ont rapidement été cédées, tandis que d’autres sont devenues partie intégrante du succès.      

Des changements majeurs sont survenus avec les percées scientifiques en biologie moléculaire et en génie génétique dans les années 1970.
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Les perspectives de profit étant plus élevées dans des domaines comme l’oncologie et les maladies neurologiques, de nombreuses autres maladies ont été négligées en raison du manque de patients ou parce que les prix étaient trop bas pour les rendre intéressantes. Les incitations gouvernementales ont permis de stimuler les investissements dans certaines pathologies, mais la recherche sur de nombreuses autres maladies, en particulier celles des pays les plus pauvres, s’est essoufflée.      

Cette situation a également affecté des domaines tels que les vaccins et les antibiotiques. En 2007, Novartis était le cinquième plus grand fabricant de vaccins du monde. Le groupe a investi dans la fabrication de nouveaux vaccins pour répondre à la demande lors de l’épidémie de grippe porcine en 2009, mais celle-ci a diminué et les ventes ont chuté. En 2014, l’entreprise a décidé de vendre sa division vaccins pour se concentrer sur d’autres domaines.      

La faiblesse des prix et les inquiétudes liées à la surconsommation ont également pesé sur le marché des antibiotiques, mais il existe un besoin urgent de nouveaux antibiotiques en raison de l’augmentation de la résistance aux antimicrobiens. Les deux géants pharmaceutiques suisses ont abandonné la recherche de nouveaux antibiotiques à la fin des années 1990. Roche l’a reprise il y a quelques années.
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Le microbiologiste Herbert Boyer était l’un des cofondateurs de Genentech et considéré comme l’un des pionniers de la révolution du génie génétique. (Images Getty)
Le microbiologiste Herbert Boyer était l’un des cofondateurs de Genentech et considéré comme l’un des pionniers de la révolution du génie génétique. (Images Getty)
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L’industrie a dû faire face à une nouvelle série de concurrents avec l’essor des jeunes entreprises de biotechnologie. L’acquisition par Roche de la société californienne Genentech, l’une des premières grandes entreprises de biotechnologie, lui a permis de lancer le Roferon-A en 1986, le premier médicament issu de la recherche génétique.      

Mais, en Suisse, l’utilisation du matériel génétique dans les thérapies suscitait une profonde méfiance, qui a conduit à une initiative «pour la protection génétique» en 1998. Le peuple a rejeté l’interdiction proposée des animaux transgéniques (modifiés génétiquement), ouvrant ainsi la voie à l’industrie biotechnologique sur le territoire helvétique. Le résultat de cette votation a été considéré comme un signal clair que le pays souhaitait un secteur biotechnologique fort.
Le microbiologiste Herbert Boyer était l’un des cofondateurs de Genentech et considéré comme l’un des pionniers de la révolution du génie génétique. (Images Getty)
Le microbiologiste Herbert Boyer était l’un des cofondateurs de Genentech et considéré comme l’un des pionniers de la révolution du génie génétique. (Images Getty)
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Au cours de la dernière décennie, les entreprises pharmaceutiques suisses se sont éloignées des produits «de masse» tels que les vaccins pour se tourner vers la médecine personnalisée, adaptée à des biomarqueurs spécifiques ou au profil de risque d’une personne.      

Pour analyser ces éléments, les données et les technologies sont cruciales. Ainsi, Roche et Novartis ne sont plus seulement en concurrence avec d’autres géants pharmaceutiques, mais aussi avec de grandes entreprises technologiques comme Google et Amazon, qui se sont lancées dans le secteur de la santé.      
Cette situation a donné lieu à une course effrénée au rachat de petites entreprises innovantes dotées de technologies prometteuses, dont certaines ont bénéficié de financements publics. Depuis 2000, Novartis et Roche se sont chacune emparées de plus de 40 firmes, allant de start-ups spécialisées dans l’intelligence artificielle à de petites sociétés expertes dans la thérapie génique.      

En 2018, Novartis a acheté une petite start-up américaine de biotechnologie appelée AveXis, spécialisée dans les thérapies géniques. En 2019, les entreprises ont reçu l’approbation de la FDA, l’Agence fédérale américaine de régulation des aliments et des médicaments, pour le Zolgensma, une injection unique dont le prix s’élève à 2,1 millions de dollars et qui vise à traiter la cause génétique profonde de l’amyotrophie spinale.
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Tant Novartis que Roche parlent des scandales comme faisant partie des «problèmes hérités» qui appartiennent au passé, alors que les deux groupes cherchent à recadrer leur communication autour du rôle essentiel qu’ils jouent dans la société. Il ne suffit plus de produire des médicaments, mais plutôt de créer des innovations qui «améliorent la vie».      
La suspicion et la méfiance à l’égard de l’industrie ont été difficiles à dissiper. Alors que de plus en plus de médicaments atteignent des prix exorbitants, les gouvernements se battent pour savoir comment les payer, ce qui suscite des questions sur les gains des entreprises et les réels détenteurs des cartes lors de la négociation des prix.      

Photo: En juin 2019, la tour Roche a projeté le logo de la grève nationale des femmes en signe de solidarité avec le mouvement pour l’égalité des sexes. (Keystone)
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La pandémie et l’après

Lorsque l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré, au début de 2020, que la flambée du Covid-19 constituait une pandémie, Roche a sauté à pieds joints dans le développement des tests du virus. Roche et Novartis ont cherché à savoir si les médicaments existants pouvaient être utilisés comme traitements contre la maladie.      
L’histoire est différente en ce qui concerne les vaccins. Le partenaire de fabrication suisse Lonza a signé très tôt un accord pour produire les ingrédients actifs du vaccin à ARN messager de Moderna. Novartis a également proposé de mettre à disposition de Pfizer/BioNtech des capacités de production pour fabriquer le vaccin développé par l’alliance américano-allemande. Mais aucune entreprise suisse n’a développé un vaccin efficace.      

Au début de l’année 2021, alors qu’étaient attendues fébrilement les commandes de vaccins en Suisse, les gens peinaient à comprendre comment une industrie aussi innovante et dominante n’avait pas développé l’un des vaccins contre le Covid-19.      

Photo: Harald Borrmann de Roche Diagnostics, à gauche, montre au ministre suisse de l’Intérieur Alain Berset un test rapide Covid-19 dans un laboratoire de Roche Diagnostics. (Keystone)
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Photo: Vue aérienne du campus de Novartis à Bâle. (Novartis AG)


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La pandémie a également révélé à quel point la Suisse était dépendante du reste du monde: pour le matériel, les personnes, les investissements et les produits. Avec la concurrence croissante de l’étranger et d’acteurs plus petits, la réputation de la Suisse en tant que plaque tournante de l’industrie pharmaceutique est mise à rude épreuve. Le secteur a donc multiplié les appels au démantèlement des barrières commerciales, à l’amélioration de l’accès aux talents étrangers et à l’augmentation des investissements dans la recherche et développement et les start-ups.      

Les conséquences sociales et économiques de la pandémie, ainsi que les technologies numériques, ont également accéléré certains changements culturels. En 2020, Novartis est devenue la première entreprise pharmaceutique du monde et la première société suisse à permettre aux employés de travailler de n’importe quel endroit. Cela fait partie d’un changement global vers une gestion moins descendante, affirme le groupe.      

En 2021, Novartis a également annoncé ouvrir lentement au public son campus, lequel n’était accessible qu’avec un badge. (Visuel: Novartis AG)
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Aujourd’hui, les cuves de teinture vides sont les vestiges d’une époque révolue à Bâle. Bon nombre des anciennes usines de teinture chimique situées le long des rives du Rhin sont en train d’être démolies ou transformées en bureaux, appartements ou espaces de loisirs.      
Si Bâle reste une plaque tournante de l’industrie pharmaceutique, les entreprises et les prestataires de services sont répartis dans toute la Suisse et le monde entier. Les sociétés ne se contentent plus d’attirer les scientifiques les plus brillants, elles recherchent aussi des spécialistes de l’informatique, de l’intelligence artificielle et de l’analyse des données.      
De nombreuses questions se poseront après la pandémie. Celle-ci aura-t-elle marqué un tournant pour l’industrie pharmaceutique suisse? Comment le secteur répondra-t-il aux besoins de la société et aux exigences des actionnaires? Comment va-t-il mettre ses médicaments à la disposition des personnes qui en ont besoin? Va-t-il continuer à investir dans l’innovation?      

Photographie d’illustration: Keystone      
(Traduction de l’anglais: Zélie Schaller)
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Sources

Oral History, Chemistry and Urban Culture of the Association for Industrial and Migration History of the Basel Region.

Georg Kreis, Beat von Wartburg (Hg.) Chemie und Pharma in Basel. November 2016

Tobias Ehrenbold. Samuel Koechlin und die Ciba-Geigy. 2017

T. Ehrenbold, Ch. Hatzky, Ch. Helm, W. Hochreiter, M. Rothmann, J. Salaks. Roche in the World 1896-2021: A Global History. 2021

Historische Archive Roche, F. Hoffmann-La Roche AG

Novartis: How a pharmaceutical world leader was created out of Ciba, Geigy and Sandoz. 2014

Novartis International AG, Firmenarchiv

EY. The largest pharmaceutical companies worldwide. 2020

Interpharma Health Panorama, 2020.

Interpharma. Pharmastandort Schweiz 2030; Region Basel.

Michael Grass, Simon Fry. The Importance of the Pharmaceutical Industry for Switzerland. BAK Economics. 2017.

Lukas Straumann, Daniel Wildmann. “Swiss chemical firms in the ‘Third Reich’”

US Department of Justice. Swiss Executive Agrees to Plead Guilty and Serve U.S. Jail Time. May 20, 1999.

Archive Schweizer Fernsehen SRF und Schweizer Radio International










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Gallery Products

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Sirolin - Jusqu’au début de la Première Guerre mondiale, Roche a réalisé l’essentiel de ses ventes grâce au Sirolin, un médicament contre la toux lancé en 1898. Son goût d’orange et une publicité astucieuse ont rapidement fait de ce traitement un produit phare.

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Digalen – Roche a développé ce produit pour traiter les maladies cardiaques, vendu dans un flacon en forme de cœur, 1904.
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Gynergen - L’un des premiers grands produits pharmaceutiques, lancé en 1918 par Sandoz, était le Gynergen pour traiter l’hémorragie post-partum.
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DDT - Considéré au départ comme une arme miracle dans la lutte contre les maladies et les parasites, le DDT, découvert par le chimiste Paul Müller de Geigy, est devenu l’incarnation même d’une toxine menaçante après que ses effets négatifs sur l’environnement ont été plus largement connus.
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LSD - Le chimiste suisse Albert Hofmann découvre le diéthyllysergamide (LSD-25) alors qu’il travaille chez Sandoz. En 1943, il s’est livré à une auto-expérimentation, découvrant les effets psychotropes du LSD alors qu’il rentrait de son laboratoire à vélo.
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Valium - Leo Steinbach, chimiste chez Roche, a mis au point le tranquillisant Valium, que les Rolling Stones ont appelé «Mother’s Little Helper». Ce fut l’un des médicaments les plus prescrits aux États-Unis pendant des années.  
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Herceptin - Mis au point par Genentech, filiale de Roche, l’Herceptin a ouvert une nouvelle ère aux médicaments qui ciblent les protéines à la surface des tumeurs. Il s’agissait de la première thérapie spécifiquement conçue pour le cancer du sein HER2 positif.
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Calcium Sandoz - Il s’agit du premier produit le plus vendu de Sandoz en 1929. Il était utilisé pour traiter la carence en calcium et les troubles connexes. Il demeure aujourd’hui un produit phare de Sandoz.
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Voltaren - Ciba-Geigy a lancé Voltaren en 1974 pour traiter les rhumatismes. Ce produit, aujourd’hui utilisé dans plus de 140 pays pour diverses affections liées à la douleur et à l’inflammation, est l’un des médicaments les plus étudiés.
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Ritaline - Le psychostimulant Ritaline, développé par Ciba, a été autorisé pour la première fois pour traiter la dépression chez les adultes au milieu des années 1950. Le médicament s’est finalement révélé efficace pour améliorer la concentration des enfants souffrant de troubles de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Il a fait l’objet d’une levée de boucliers après que des études ont suggéré qu’il était prescrit de manière excessive.
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Prostigmine – Également connu sous le nom de néostigmine, ce médicament a d’abord été produit pour soulager la faiblesse musculaire d’une maladie auto-immune chronique, la myasthénie grave. Roche a breveté ce médicament en 1931.
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Rimifon – En 1952, trois sociétés, dont Roche, prévoyaient de commercialiser cet antibiotique pour traiter la tuberculose, mais elles ont découvert que le médicament avait déjà été synthétisé en 1912 par deux scientifiques tchèques.
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Gallery_Geigy promotional designs

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Portfolio pour Documenta Geigy /Animales Dormidos («animaux endormis»).
Gottfried Honegger. 1955.
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Carte publicitaire pour l’antiprurigineux Eurax.
Andreas His. 1956.
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Enveloppe pour le journal d’entreprise. «Geigy Catalyst» no. 16.
Fred Troller. 1964.
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Encart pour le colorant jaune 4GL.
Toshihiro Katayama. 1963-1964.
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Brochure publicitaire pour l’Irgapyrine en ophtalmologie de Geigy, 1953-1956.
Conception: Igildo G. Biesele (CH, né en 1930)
Commande: J. R. Geigy AG, Bâle, CH (1914-1970)
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Planche de buvard (cadeau publicitaire pour les médecins) pour l’antifongique Sterosan.
Nelly Rudin. 1952.
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Affiche promotionnelle pour une teinture textile.
Conception: «Switch on to Maxilon Brilliants Geigy», 1965-1969,
Brian Stones (GB)
Commande: Geigy Limited, Manchester (GB)
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Publicité pour des colorants. Irgalane Geigy, avant 1954
Conception: Karl Gerstner
Commande: J. R. Geigy AG, Bâle (1914-1970)
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Projet d'affiche pour le pesticide Gesarol de Geigy, 1946.
Conception: Martin Peikert (1901-1975)
Commande: Geigy AG, Bâle
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Publicité pour le Preludin. Chlorhydrate de phenmétrazine de la marque Geigy, 1965.
Conception: Fred Troller (1930-2002)
Commande: Geigy Pharmaceuticals, Ardsley (USA, jusqu’en 1970)
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  • Helen James (rédaction images), Jessica Plüss (texte)

    Credits: 4.0 International (CC BY 4.0), @SRF, Alamy.com, Courtesy F. Hoffmann-La Roche Ltd, Basel, ETH Archiv, Hoffmann-La Roche, Keystone, Keystone , Keystone / AP/ Mahesh Kumar A, Keystone / Heiz Leuenberger, Keystone / Michael Kupferschmidt, Keystone /Erwin Zbinden, Keystone/Gaetan Bally, Keystone/Georg Gerster, Keystone/Interfoto/TV-Yesterday, Lars Müller Publishers GmbH, Novartis AG, Photo: Grafiksammlung, Museum für Gestaltung Zürich, ZHdK, Photo: Plakatsammlung, Museum für Gestaltung Zürich, ZHdK, Reuters, Schweizerisches Sozialarchiv, Staatsarchiv Thurgau, alamy.com/Smith Collection/Gado, getty images, pixabay/auntmasako, sciencemuseumgroup.org.uk, swissinfo.ch, © Hoffmann La Roche, © Hoffmann-La Roche, © Novartis AG, ©Hoffmann-La Roche, ©Hoffmann-La Roche AG, ©Novartis AG, ©SRF

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